Madagascar 25 septembre 2025: quand une marche pacifique se transforme en chaos sous les yeux des forces de l’ordre

Ce qui devait être une simple marche pacifique de la Génération Z pour dénoncer les délestages et les coupures d’eau, vécues au quotidien par des millions de Malgaches, a dégénéré en une journée de chaos. Derrière les revendications légitimes, une répression violente et une vague de pillages soulèvent des interrogations profondes sur le rôle et les priorités des forces de l’ordre.

Une manifestation pacifique, vite réprimée

La marche avait débuté à Ambohijatovo, lieu symbolique de la démocratie malgache. Les jeunes manifestants, souvent armés de simples pancartes en carton, réclamaient la fin des coupures d’eau et d’électricité qui peuvent durer jusqu’à cinq heures par jour. Mais la situation a rapidement basculé.

Des influenceurs ayant relayé la mobilisation ont été arrêtés, certains brièvement relâchés, d’autres toujours détenus sans nouvelles. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, atteignant non seulement les manifestants, mais aussi des passants, des enfants et même des agents de sécurité extérieurs à la marche. Les services d’urgence ont été saturés par l’afflux de blessés, victimes de cette répression brutale.

YouTube video player

La ville livrée aux pillages

Parallèlement, une série de pillages a éclaté dans plusieurs quartiers stratégiques de la capitale, du Tana Water Front à Ambodivona jusqu’à China Mall à Ankazomanga. Des commerces ont été saccagés, des biens emportés, parfois avec une violence aveugle. Des témoins décrivent des scènes de prédation : télévisions, bouteilles d’alcool, jusqu’à des œuvres photographiques emblématiques, arrachées et emportées à la hâte.

« Ce ne sont pas les mêmes visages que ce matin », rapporte un journaliste présent sur les lieux. Les pilleurs n’étaient pas des manifestants réclamant dignité et justice, mais des individus sans revendication politique, mus uniquement par l’opportunité et l’avidité.

Silence des forces de l’ordre, colère des citoyens

Alors que la matinée avait montré la capacité des forces de l’ordre à contenir une foule pacifique, leur absence totale face aux pillages interroge. Comment expliquer cette différence de traitement ? Pourquoi cette passivité face à des destructions massives, alors que des citoyens désarmés ont été brutalement dispersés quelques heures plus tôt ?

Des voix s’élèvent pour dénoncer une stratégie délibérée visant à discréditer le mouvement. Les manifestants insistent : les pillages n’émanent pas de la Génération Z. « Notre objectif était uniquement de revendiquer notre droit à manifester contre les délestages et les coupures d’eau », affirment-ils.

Une crise qui dépasse l’électricité et l’eau

Au-delà des coupures, cette journée révèle une fracture plus profonde entre une jeunesse qui réclame justice et dignité, et un système sécuritaire accusé de réprimer la contestation tout en laissant prospérer la criminalité.

L’appel à la communauté internationale est désormais lancé : « Les forces de l’ordre, censées nous protéger, se retournent contre les citoyens innocents, tandis qu’elles laissent les véritables fauteurs de trouble piller et dévaster le pays en toute impunité. »

YouTube video player

Un tournant pour Madagascar ?

Le 25 septembre 2025 restera comme un jour de rupture. Rupture entre la jeunesse et les institutions, rupture entre la population et ses forces de sécurité. Derrière les scènes de chaos, une question persiste : à qui profite cette violence ?

Tandis que les rues d’Antananarivo portent encore les stigmates des affrontements et des pillages, la colère grandit. Pour beaucoup, ce qui s’est joué hier dépasse les délestages et les robinets à sec. C’est l’avenir d’un peuple qui, une fois encore, s’est levé pour réclamer justice, vérité et dignité.

©Maybe Matchbox

Veuillez noter l'article :

Laisser un commentaire