Antananarivo, fin décembre 2025. Dans la torpeur de l’été austral, un document officiel vient d’être signé, portant en en-tête les drapeaux entremêlés de l’UNESCO et de la République populaire de Chine. Pour l’étudiant ambitieux ou le chercheur en quête de nouveaux horizons, ce papier n’est pas une simple note administrative : c’est une invitation au voyage, une clé vers l’excellence académique. Il s’agit du programme international de bourses de recherche co-parrainé pour l’édition 2026-2027. Son nom évoque à la fois la solidité et l’histoire : la Bourse « La Grande Muraille » en Chine.
Mais au-delà du prestige de l’intitulé, que signifie réellement cette opportunité pour les talents des pays en développement ? Entre les lignes de la fiche technique se dessine un parcours exigeant, conçu pour ceux qui sont prêts à construire des ponts entre les cultures.
Bourse « La Grande Muraille » en Chine : plus qu’une étude, une mission de coopération
Loin d’être un simple financement, ce programme porte une vision politique et humaine claire. L’objectif affiché par l’UNESCO et le gouvernement chinois est double : renforcer les capacités des ressources humaines dans les pays en développement et tisser des liens d’amitié durables.
En postulant, le candidat ne cherche pas seulement à obtenir un diplôme. Il accepte tacitement de devenir un acteur des échanges internationaux dans des domaines clés : l’éducation, la culture, la communication, ou encore les sciences et technologies. C’est une bourse pour les bâtisseurs de demain.
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Le profil du candidat idéal pour la Bourse « La Grande Muraille » en Chine: Êtes-vous l’élu ?
La lecture des critères d’éligibilité révèle que la Bourse « La Grande Muraille » en Chine ne s’adresse pas à tout le monde. Elle vise l’excellence et la maturité.
Le programme distingue deux grandes familles de candidats :
- Les étudiants en cycle supérieur : Si vous visez un Master, vous devez avoir moins de 35 ans. Pour un Doctorat, la limite est fixée à 40 ans.
- Les chercheurs invités : Ici, l’expérience prime. Les chercheurs généraux peuvent postuler jusqu’à 45 ans (avec au moins deux années d’études de premier cycle validées), tandis que les chercheurs seniors titulaires d’un Master ou professeurs agrégés sont éligibles jusqu’à 50 ans.
Une condition sine qua non traverse toutes les catégories : la maîtrise de la langue. L’anglais est requis pour tous. Pour ceux qui auraient l’audace de choisir un programme enseigné en mandarin, le défi monte d’un cran : un niveau HSK 3 est exigé pour les chercheurs, et HSK 4 pour les Masters et Doctorats. Enfin, une santé physique et mentale solide est impérative pour supporter l’éloignement et l’intensité du cursus.
Bourse « La Grande Muraille » en Chine : la stratégie du dossier et ce qu’il ne faut pas rater
Imaginons maintenant le candidat face à son écran, prêt à franchir le pas. Le processus de candidature est un véritable parcours en trois étapes qui ne tolère pas l’improvisation.
Tout commence par une lecture minutieuse des directives sur le site du China Scholarship Council (CSC). Ensuite, et c’est une étape cruciale souvent négligée, le candidat doit contacter la Commission nationale pour l’UNESCO de son pays d’origine (dans le cas présent, la Commission malgache) pour valider les procédures spécifiques. Enfin, la soumission se fait en ligne.
Mais attention, la bureaucratie a ses exigences. Votre dossier devra être une forteresse de papiers certifiés :
- Le plan de bataille : Un plan d’étude ou de recherche d’au moins 500 mots (en anglais ou chinois). C’est ici que se joue votre crédibilité intellectuelle.
- Les preuves académiques : Copies certifiées des diplômes les plus élevés et relevés de notes.
- Les recommandations : Deux lettres de professeurs ou maîtres de conférences sont exigées.
- Le sésame médical : Un rapport médical datant de moins de 6 mois.
- Pour les artistes : Les musiciens et plasticiens doivent fournir des CD ou des reproductions de leurs œuvres (peintures, sketches).
Un conseil d’initié figure en bonne place dans les directives : contactez les universités chinoises à l’avance. Obtenir une lettre de pré-admission est un atout majeur qui peut faire basculer votre dossier du côté des admis.
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Bourse « La Grande Muraille » en Chine : une course contre la montre
Le temps est la ressource la plus rare de cette procédure. Pour cette édition gérée par la Commission Nationale Malgache pour l’UNESCO, la date limite de dépôt des dossiers est fixée au 20 janvier 2026.
Le nombre de places est extrêmement limité ; seulement deux candidats seront retenus pour cet appel spécifique. Ce qui confère à cette bourse un caractère d’élite. Les heureux élus s’envoleront pour une durée variant d’un an (pour les chercheurs) à cinq ans (pour les doctorants).
Si vous sentez que votre profil correspond à cette aventure académique et humaine, il ne vous reste plus qu’à rassembler vos documents et à peaufiner votre projet. Pour toute information complémentaire, la responsable des Bourses de l’UNESCO (Mme Rasoamanambola Mboara Alivola) reste l’interlocutrice privilégiée.
La Bourse « La Grande Muraille » en Chine n’est pas qu’une ligne sur un CV. C’est une année, ou cinq, qui changeront une vie. À vous d’écrire la suite.




Gaël Rakotovao, ingénieur d’études et d’exploitation puis diplômé de l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo et actuellement CTO chez Mada Creative Agency, est également photographe passionné spécialisé dans les paysages, la culture et la cuisine malgache. Il cumule plus de 15 ans d’expérience en marketing digital, SEO, formation (SEO, photographie, crypto‑minage) et exerce aussi comme guide touristique certifié par le ministère du Tourisme autour de Madagascar.