Il y a des voyages qui se racontent avec des filtres Instagram, et il y a ceux qui se vivent avec la poussière de la piste sur le visage et l’éblouissement des lagons plein les yeux. Explorer le Sud de Madagascar n’est pas une simple balade de santé ; c’est une aventure qui exige préparation, budget et une certaine dose de résilience face aux imprévus.
Si vous envisagez de quitter Tana pour plonger vers le littoral sud-ouest, voici le récit transparent d’un périple de 10 jours, entre émerveillement absolu et déconvenues logistiques. Loin des brochures lisses, voici ce qu’il faut vraiment savoir pour réussir votre Sud de Madagascar.
L’appel de la RN7 : Première étape vers l’Isalo
Le départ de Tana marque le début de la décompression. Après une traversée de Fianarantsoa, la première véritable halte stratégique s’impose dans le massif de l’Isalo. Ici, le budget commence à parler : compter environ 600 000 Ar la nuitée pour une chambre familiale au Jardin du Roy.
L’expérience y est indéniablement haut de gamme. Le cadre minéral est époustouflant, le personnel accueillant et la table de qualité. C’est l’endroit idéal pour ne rien faire, si ce n’est admirer le coucher de soleil à la célèbre Fenêtre de l’Isalo.
Le conseil pratique : Si vous voyagez avec des enfants en bas âge, prévoyez vos propres snacks et biscuits. L’établissement ne propose pas de snacking entre les repas, et les chambres manquent parfois d’équipements basiques comme une bouilloire pour les biberons.

Tuléar : Une étape en demi-teinte
La descente continue vers la côte. À l’arrivée à Tuléar, nous avons posé nos valises au Vahiné Eco Resort (environ 500 000 Ar la nuitée). Si le cadre extérieur séduit, l’expérience en chambre fut plus mitigée : éclairage sombre et, plus gênant, des odeurs d’égout persistantes dans la salle de bain accompagnées d’une chasse d’eau capricieuse. Heureusement, la réactivité du personnel compense ces désagréments techniques, bien que la cuisine n’ait pas laissé un souvenir impérissable.
Cap vers le Nord : La piste sauvage d’Ambatomilo
C’est ici que le Sud de Madagascar révèle son vrai visage : sauvage et exigeant. Pour remonter vers le nord de Tuléar, le 4×4 n’est pas une option, c’est une nécessité absolue. Après une halte déjeuner chez Sylvia (vers Mangily ou Madiorano), comptez trois heures de piste pour atteindre Ambatomilo.
Où dormir à Ambatomilo ? Le verdict
Le choix de l’hébergement est crucial car l’offre est limitée et très demandée (le Mamirano Lodge, par exemple, affiche complet 6 mois à l’avance).
- Ambatovaky Lodge : Un coup de cœur pour ses bungalows originaux et son accès privé à une plage sublime. L’ambiance y est sécurisée, rythmée par des feux de camp musicaux. Le paddle est gratuit, le snorkeling payant (100 000 Ar). Le bémol : L’eau courante est saumâtre. Se brosser les dents devient un défi salé. Prévoyez impérativement de l’eau minérale (Eau Vive) pour tout.
- Shangri La Lodge : Situé un peu plus loin, l’endroit offre un paysage différent et une plage immense où l’on peut marcher pieds nus. Cependant, l’isolation phonique des chambres familiales (500 000 Ar) est légère ; les discussions des voisins peuvent vite devenir intrusives. Bon à savoir : Vous n’êtes pas obligé de manger à l’hôtel. Votre guide peut commander des repas à l’extérieur pour vous faire livrer.
D’autres options existent, comme le Shain Lodge (cadre agréable) ou le Savannah Beach, bien que ce dernier soit déconseillé par les chauffeurs en raison des mauvaises conditions d’hébergement pour le staff.
L’apothéose à Andavadoaka
Cinq heures de piste séparent Ambatomilo d’Andavadoaka. La fatigue du trajet, accentuée par la traversée du Parc National Mikea, s’efface instantanément face à la beauté des lieux. C’est sans doute l’une des plus belles zones du Sud de Madagascar.
Nous avons opté pour l’Olo Be Lodge. Le cadre est tout simplement magnifique, offrant des vues imprenables sur le lever et le coucher du soleil. Si les suites peuvent atteindre le million d’ariary, des chambres économiques sont accessibles dès 300 000 Ar.
L’hôtel propose kayak et paddle gratuitement. Un geste commercial appréciable nous a été accordé suite à un problème d’eau chaude : la gratuité d’une activité d’une valeur de 400 000 Ar. Preuve d’un service client à l’écoute.
Pour les plus curieux, la région offre des pépites comme la visite de la forêt de baobabs ou des excursions vers les îlots environnants comme Nosy Fasy (un banc de sable vierge) ou Nosy Hao et son village de pêcheurs.
Anakao : Entre paradis et déception hôtelière
Après un retour vers Tuléar et un transfert vers le sud, direction Anakao. C’est ici que l’expérience a failli tourner court.
L’hôtel Lalandaka (250 000 Ar) s’est révélé être une véritable épreuve : pas de bungalow familial disponible, une chambre double exiguë, pas de chasse d’eau (il faut utiliser un seau), et une absence totale d’eau chaude. Le service client était inexistant, voire fuyant face aux réclamations.
L’alternative : Pour profiter d’Anakao sans ces désagréments, privilégiez le Prince Anakao ou l’Anakao Ocean Lodge, qui offrent des standards bien supérieurs.
Heureusement, une excursion vers Nosy Ve avec des pêcheurs locaux et un pique-nique sur la plage a permis de sauver l’étape.
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Carnet Pratique : Réussir son road trip dans le sud de Madagascar
Pour que votre voyage dans le Sud de Madagascar reste un plaisir, voici les leçons tirées de cette aventure :
Le transport est la clé
Ne vous aventurez pas seul si vous ne connaissez pas la région. Nous avons loué un 4×4 avec un chauffeur-guide local (Davee Bruce) pour 250 000 Ar/jour (hors carburant). Un guide local est indispensable : il connaît les pistes, gère les réservations et évite les pièges. La route RN7, surtout entre Sakaraha et Tuléar, est en très mauvais état (4h pour 125 km).
Budget et Logistique
Ce n’est pas une destination « bons plans » bon marché.
- Hébergement : Comptez entre 400 000 et 600 000 Ar la nuit pour du confort.
- Repas : Environ 100 000 Ar par personne dans les lodges (entrée/plat/dessert), mais souvent moins cher si vous commandez via le guide.
- Réservation : Tout se réserve des mois à l’avance, souvent avec acompte.
- Survie : Emportez des packs d’eau minérale et de quoi grignoter avant de quitter Tuléar pour le Nord.
Le « Blacklist » à Tana
Au retour, une halte à Tana nous a conduits à l’hôtel Le Corail. Une adresse à éviter absolument : chambre non prête à 18h malgré un paiement intégral, odeur de cigarette froide, draps sales, et un refus catégorique de rembourser ou de faire un geste commercial. Le personnel a même retenu une clé en otage. Un service déplorable qui tranche avec l’hospitalité du Sud.
Le mot de la fin
Ce périple dans le Sud de Madagascar, bien que coûteux et physiquement éprouvant par moment, reste une aventure inoubliable. Des plages désertes d’Ambatomilo à la majesté des baobabs d’Andavadoaka, chaque kilomètre de piste vaut la peine d’être parcouru. Il suffit juste de bien choisir ses étapes, d’éviter certains pièges hôteliers et de se laisser guider par ceux qui connaissent le terrain.
Bon voyage à tous !
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© Anonyme

Etudiant en Master II en biochimie, je suis passionné par les voyages et les technologies de l’information et de la communication. En dehors de mes études, je travaille en tant que rédacteur, traducteur et intégrateur. Je fais également un peu de community management.
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