Récit d’un séjour doux-amer sur l’île Sainte Marie

L’atterrissage à Sainte Marie a toujours quelque chose de singulier. Lorsque notre petit groupe de quatre adultes a posé le pied sur l’île la semaine dernière, l’excitation était palpable. Nous avions choisi de loger dans la partie sud, réputée pour sa tranquillité et sa proximité avec l’aéroport. Pourtant, ce voyage allait nous apprendre que sur l’île jardin, le paradis se mérite et se négocie, parfois avec les éléments, parfois avec les piroguiers.

Voici le récit de notre escapade, mêlant nos découvertes, nos déconvenues météorologiques et toutes les informations pratiques nécessaires pour réussir votre propre aventure.

Plage à l'est de Sainte Marie
Plage à l’est de Sainte Marie

 

Quand le ciel dicte le programme

Il faut être honnête : l’expérience à Sainte Marie est tributaire des caprices du ciel. Si nous sommes arrivés sous des auspices cléments vers 11h30 le premier jour, profitant d’un trajet en tuk-tuk pour déposer nos bagages et déjeuner en ville (comptez entre 20 000 et 28 000 Ar le plat), la suite fut plus humide.

Les deuxième et cinquième jours, nous avons fait l’expérience de la mousson insulaire dans toute sa splendeur. La pluie n’a cessé de tomber, transformant nos ambitions d’exploration en journées cocooning. Heureusement, notre location était bien pourvue : livres, jeux de société et Netflix nous ont sauvés de l’ennui.

Le conseil du voyageur : Si notre expérience en mai-juillet confirme que la météo peut gâcher le séjour, les habitués s’accordent à dire que le mois de septembre est idéal. C’est la saison sèche et, surtout, le moment privilégié pour observer les baleines. Pour ceux qui visent l’Île aux Sables, notez qu’elle perd de sa superbe et devient difficilement praticable juste après de fortes pluies.

 

Sur les traces des forbans et la quête de la plage idéale

Le troisième jour, une éclaircie nous a permis de plonger dans l’histoire. Sainte Marie ne serait pas Sainte Marie sans son passé de piraterie. Nous avons visité le Cimetière des Pirates et l’Île aux Forbans.

  • Tarif : 25 000 Ar par personne (guide inclus).
  • Durée : Environ une heure pour le tour complet.

C’est une balade atmosphérique, presque hors du temps. Après cette immersion historique et un déjeuner en ville (toujours autour de 20 000 Ar), nous avons cherché l’endroit parfait pour la baignade. Le consensus local est unanime : pour profiter de la mer sur l’île principale, direction « La Pointe » au sud. C’est là, et pratiquement uniquement là, que la plage se prête véritablement aux jeux aquatiques.

Plage Nord Ouest Sainte Marie près cocoterais
Plage Nord Ouest Sainte Marie près cocoterais

 

L’échappée belle vers l’Île aux Nattes

C’est sans doute le point d’orgue de tout voyage ici. Le quatrième jour, nous avons mis le cap sur l’Île aux Nattes. Nul besoin de guide pour cette étape. Nous avons rejoint La Pointe, d’où partent les pirogues pour la traversée.

L’itinéraire vers l’île aux Nattes

Le passage coûte 10 000 Ar. Une fois de l’autre côté, l’exploration se fait à pied. Il suffit de suivre les petits panneaux indiquant la « Maison Blanche » ou de demander son chemin aux villageois ; l’ambiance y est paisible et sécurisante.

Nous avons marché jusqu’au sud de l’îlot pour déjeuner. Le cadre est plus exclusif, et les prix s’en ressentent légèrement : les plats oscillaient entre 30 000 et 35 000 Ar.

Mise en garde sur le transport

Pour le retour, nous avons rappelé le même piroguier qui nous avait déposés, pensant que le tarif serait similaire à l’aller avec une petite majoration. Erreur. La facture fut salée.

La leçon à retenir : Négociez et fixez impérativement le prix total (aller-retour ou course simple) avant de monter dans l’embarcation.

 

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Les pépites à ne pas manquer sur l’île Sainte Marie

Au-delà de notre itinéraire, les échanges avec d’autres passionnés de l’île ont mis en lumière quelques incontournables que nous aurions aimé connaître plus tôt ou que la météo nous a empêché de voir :

  1. La Piscine Naturelle : Située au sud, c’est un site unique, différent des plages classiques, qui mérite absolument le détour.
  2. Activités nautiques : Pour les amateurs de pêche au gros, c’est vers l’Île aux Sables qu’il faut se tourner (par beau temps).
  3. Une bonne adresse : Sur l’Île aux Nattes, l’établissement de Jean Claude est souvent recommandé pour ses bungalows, sa cuisine de qualité et ses locations de vedettes à prix raisonnables.
Plage Nord Sainte Marie Piscine naturelle
Plage Nord Sainte Marie Piscine naturelle

 

Bilan : Une beauté capricieuse

Notre retour à Antananarivo le sixième jour s’est fait avec un sentiment partagé. Sainte Marie est magnifique, et l’Île aux Nattes reste un joyau absolu pour la baignade. Cependant, la pluie a indéniablement pesé sur notre moral, nous contraignant à passer une partie du séjour enfermés ou à simplement faire des allers-retours en ville pour faire des courses et manger des pizzas le soir.

Est-ce que nous reviendrons ? Peut-être, mais certainement pas à la même période. Pour réussir son séjour à Sainte Marie, il faut choisir son mois avec soin, apporter de quoi s’occuper en cas d’averse, et toujours, toujours demander le prix avant d’embarquer.

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