Parfois, l’aventure ne se trouve pas là où on l’attendait. Au départ, notre cap était fixé sur Foulpointe. Mais face à une météo capricieuse annonçant un cyclone et une pluie battante à notre arrivée, il a fallu se rendre à l’évidence : nous allions devoir improviser notre séjour à Tamatave. Ce changement de plan inattendu s’est transformé en une véritable expérience, oscillant entre nuit blanche digne d’un scénario catastrophe et découvertes culinaires mémorables.
L’hébergement : Du cauchemar au havre de paix
L’improvisation a ses risques. Sous le déluge, le premier réflexe a été de foncer vers un nom connu, le Marotia (Canada), qui nous est venu à l’esprit instantanément. Ce fut une erreur stratégique. L’établissement, vieillissant, nous a plongés dans une ambiance digne d’un film d’horreur : des lumières clignotantes, une panne de courant nous obligeant à quémander une bougie à la réception pour ne pas rester dans le noir total, et une télévision sans télécommande.
Le pire restera sans doute la faune locale : des geckos (« katsatsaka ») semblant rire de notre désarroi et une nuit sans sommeil. D’autres voyageurs confirment d’ailleurs ce ressenti, qualifiant l’endroit de « sinistre » ou « à fuir ».
Au petit matin, épuisés, nous nous sommes tournés vers la communauté Facebook pour sauver notre séjour à Tamatave. La recommandation fut unanime pour la Villa Manantsoa à Analankininina. Le contraste fut saisissant : un accueil chaleureux au top, une chambre propre et aérée, du Wifi fonctionnel, de l’eau chaude et, surtout, un groupe électrogène qui prend le relais automatiquement en cas de coupure. Si certains notent que l’accès et le parking peuvent être étroits, pour nous, ce fut un 100% recommandé.
Note aux voyageurs : Pour ceux qui cherchent des alternatives, le Splendide Hôtel offre un standing 3 étoiles, le Melville propose un bon confort avec frigo, et l’hôtel La Barrière reste une option économique correcte avec eau chaude.
Aventure culinaire durant notre séjour à Tamatave
Une fois bien reposés, place à la découverte des saveurs. Nous ne sommes pas des gloutons, mais nous avons un bon appétit ! Voici notre carnet de route gourmand.
La quête de la Soupe Tamatave parfaite
Nous avons testé trois adresses incontournables :
- Venus : Notre coup de cœur pour la qualité. Le bouillon est savoureux, la soupe riche en ingrédients et les pâtes (mine sao) ne sont pas grasses.
- Marika : Idéal pour les gros appétits avec un petit budget. C’est copieux, bon marché, et leurs pâtes sèches sont généreuses.
- Longo : La soupe y est bonne, mais l’humeur du vendeur, visiblement contrarié ce jour-là, a quelque peu gâché l’expérience.
Le conseil des locaux : Si vous avez le temps de faire la queue, Patricia à Tanambao 2 est réputée pour ses soupes chinoises. D’autres enseignes comme Belle de jour, Plaque Jaune ou Mateotia valent aussi le détour.
Les Grillades : Une explosion de saveurs
C’est face à la maison de retraite que nous avons trouvé notre bonheur, au Grillade de Tamatave. Une note solide de 9/10 pour ce repas.
- Le Pakopako : Une révélation. Le goût du coco est bien présent et la texture est incroyablement moelleuse.
- Le Calmar entier : Grillé à la perfection, il offre une saveur unique en bouche.
- Les Brochettes et Cuisses de poulet : Une viande tendre, des morceaux généreux, bien meilleurs que ce qu’on trouve souvent ailleurs.
- Petit bémol : Les frites étaient un peu trop molles à notre goût.
Pour varier les plaisirs, le Bout de Pont est aussi suggéré pour ses steaks et brochettes, et La Braise pour ses pizzas et burgers.
Le Bord de mer Tamatave : Entre tradition et vigilance
Impossible de ne pas grignoter au bord de la mer. Nous avons goûté aux fameuses coquilles, souvent appelées « Coquilles Saint-Jacques ». Attention toutefois à la terminologie : comme le précisent les connaisseurs, il s’agit en réalité de Bénitiers (les vraies Saint-Jacques étant importées et congelées). Avec beaucoup de vinaigre, cela passe bien !
Concernant les brochettes et tsakitsaky sur le bord, les prix ont tendance à grimper, ce qui peut freiner l’enthousiasme.

Bilan pratique de notre séjour à Tamatave : Budget et conseils
Pour conclure, malgré la pluie et une première nuit difficile, l’expérience fut positive. Tamatave a du charme, même sous la grisaille. Pour vous aider à planifier, voici un récapitulatif des tarifs relevés lors de notre passage (début janvier) :
- Hébergement :
- Chambre Marotia : 55 000 Ar (mais on ne recommande pas !)
- Chambre Villa Manantsoa : 60 000 Ar
- Alternatives (La Barrière / Melville / Splendide) : entre 35 000 et 70 000 Ar.
- Restauration :
- Soupe Tamatave : entre 5 000 et 20 000 Ar.
- Grillades : de 1 000 à 40 000 Ar selon les plats.
- Glace (chez Abdalawahad, délicieuse mais fond vite) : 8 000 Ar.
Que ce soit pour une balade en quad ou une dégustation de glaces chez Bruno, la ville offre de quoi rebondir face aux aléas climatiques. L’essentiel est de savoir où poser ses valises et où mettre les pieds sous la table.
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© Rado Andriamaro

Gaël Rakotovao, ingénieur d’études et d’exploitation puis diplômé de l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo et actuellement CTO chez Mada Creative Agency, est également photographe passionné spécialisé dans les paysages, la culture et la cuisine malgache. Il cumule plus de 15 ans d’expérience en marketing digital, SEO, formation (SEO, photographie, crypto‑minage) et exerce aussi comme guide touristique certifié par le ministère du Tourisme autour de Madagascar.







